Guide 3 : Développement d’une gouvernance efficace

Ce que vous explique ce guide :

Ce guide vous explique pourquoi une bonne gestion de la destination est importante et comment commencer à la développer dans votre destination du patrimoine mondial.

Étapes du succès :

Pourquoi c’est important

En l’absence d’une bonne gestion, il est pratiquement impossible de faire advenir la transformation du tourisme qui, souvent, est nécessaire pour que celui ci devienne durable et efficace au plan économique. Le tourisme dans les sites du patrimoine mondial et leurs alentours peut et doit être conçu et géré de manière à être à la fois commercialement efficace et durable.

C’est la raison pour laquelle certaines des destinations touristiques les plus efficaces du monde se sont dotées de plans de gestion de la destination (Destination Management Plans, DMP et d’organisations du tourisme réceptif (Destination Management Organisations, DMO), et de nombreux sites du patrimoine mondial ont créé un certain type d’autorité pour gérer les processus et questions essentiels.

 Utilisez une structure de gestion existante du type « organisation du tourisme réceptif » ou contactez les parties prenantes pour en créer une

De nombreuses destinations disposent d’une certaine structure de partenariat ou d’un processus de gestion ; dans ce cas, vous devez y participer. Cette structure a souvent pour objet le développement commercial d’une destination ; c’est pourquoi les dirigeants de sites doivent aider les parties prenantes à comprendre les obligations et les responsabilités qui sont associées à un site du patrimoine, en leur expliquant les opportunités qui résultent aussi de cette désignation.

S’il n’existe pas de structure de gestion du type « organisation du tourisme réceptif », vous devez en créer une (voir Guide 2 : Développer une stratégie de changement progressif). Le choix des acteurs appelés à participer à la structure de gestion en partenariat devrait être basé sur les ambitions et aspirations stratégiques pour la destination : le partenariat devrait être construit autour de la stratégie.

Il n’existe pas de modèle tout fait de structure de gestion ; chaque société et chaque culture a sa propre idée de ce qu’est une bonne gestion, comment elle fonctionne et de quelle façon des organisations et des individus différents doivent travailler ensemble. Néanmoins, la plupart des experts s’accordent à reconnaître la nécessité d’une instance de gestion à l’échelle de la destination. Dans les zones urbaines, il pourra s’agir du maire élu ou d’une autorité locale porteuse d’un projet d’avenir. Dans les parcs naturels, il pourra s’agir d’une autorité de gestion d’un parc national chargée de protéger le site et de régler les problèmes plus généraux de gestion de la destination. Dans nombre de destinations plus étendues, le comité du tourisme ou l’organisation du tourisme réceptif définira la stratégie. Votre destination pourra avoir besoin d’une solution sur mesure, mais elle aura certainement beaucoup à apprendre des systèmes de gestion positifs qui existent dans d’autres sites.

 Gérer une destination n’est pas la même chose que gérer un site du patrimoine mondial

La gestion d’une destination requiert généralement un partenariat entre les secteurs du tourisme, du transport, de l’infrastructure et de la conservation. L’établissement d’un tel partenariat peut constituer un défi car, pour être efficace, un consensus autour des objectifs, des aspirations et des obligations mutuelles est nécessaire. Les professionnels de secteurs différents sont parfois réticents à travailler ensemble ou à consacrer du temps à l’acquisition de nouvelles compétences. Les dirigeants de site qui souhaitent agir sur le tourisme auront sans doute besoin d’une gamme de compétences plus étendues et d’une certaine connaissance du secteur du tourisme, ou ils devront acquérir assez rapidement des connaissances à ce sujet pour que le dialogue soit efficace.

Établissez une structure de gestion adaptée aux dimensions et à l’échelle de votre destination et définissez ses responsabilités de gestion dans le domaine environnemental, économique, social et culturel. Cet organe de gestion pourra prendre la forme d’un département, d’un groupe ou d’un comité, d’une entreprise privée, d’une organisation non gouvernementale (ONG) ou simplement d’un partenariat entre différents types d’organisations adhérant à une stratégie commune. Cela n’a pas d’importance en soi, dès lors que le modèle choisi fonctionne à l’échelle de la destination.

Si votre site est confronté à de graves problèmes externes comme une guerre ou un conflit, faites simplement ce que vous pouvez. Certains gestionnaires de sites doivent faire face à des situations très graves telles que l’absence de loi et d’ordre public, l’absence de soins de santé élémentaires ou la pauvreté extrême et la malnutrition au sein de la communauté locale. D’autres s’efforcent de gérer un site dans un contexte culturel ou politique difficile, marqué par la corruption, la guerre, la violence interethnique, etc. Suggérer une méthode parfaite de gestion du patrimoine aux personnes qui se trouvent dans de telles situations aurait quelque chose de futile ou même d’arrogant : faites donc ce que vous pouvez jusqu’à ce que les choses s’améliorent.

La bonne gouvernance repose sur un certain nombre de facteurs essentiels

Les sites du patrimoine mondial les plus avancés disposent de structures de gestion extrêmement ouvertes et inclusives. Cela ne veut pas dire qu’ils ne tiennent pas compte des conseils d’experts ; en effet, un nombre important de personnes dans la destination et la communauté hôte jouent un rôle essentiel dans la définition de la stratégie, la mise en œuvre des mesures et des activités et le suivi des progrès accomplis. Ces différents acteurs ont la possibilité d’exprimer leur approbation, leur soutien ou leur désaccord avec toute mesure particulière et ils peuvent aussi apporter des connaissances sur des questions qui échappent aux compétences des experts.

De nombreux sites semblent chercher à obtenir le soutien rétroactif des parties prenantes et de la communauté locale mais il s’agit là d’une erreur. La bonne gouvernance exige une interaction continue. L’avantage de commencer à développer une stratégie de gouvernance à partir d’un niveau minimum est que cela permet de faire les choses de manière inclusive dès le départ.

Le pouvoir et la capacité effective de contrôler ou d’empêcher les activités susceptibles d’endommager la valeur universelle exceptionnelle (VUE) d’un site – qui incluent souvent la prise de décisions difficiles, parfois même paradoxales en apparence, et de les appliquer – sont essentiels. Nombre des sites du patrimoine mondial les plus avancés proposent aux entreprises et aux communautés locales des alternatives positives et durables aux activités pouvant nuire aux valeurs du site, mais ils appliquent aussi des mesures de protection lorsque cela est nécessaire.

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Destination management usually requires partnership working across the tourism, transport, infrastructure, and conservation sectors.

Exemples de bonnes pratiques dans le monde

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